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MÉTHODOLOGIE DU DÉCHIFFREMENT |
Il ne faut
pas se laisser désemparer par létrangeté de lorthographe, labsence
fréquente de ponctuation et daccents, lemploi dexpressions
aujourdhui vieillies et de fréquentes abréviations. On doit se rappeler que tous
ces cahiers ont été écrits à la plume doie; en présence de certaines pages,
même de registres entiers, on reste parfois émerveillé de constater que des scribes
aient pu atteindre à une si belle écriture, si dautres pages obligent à employer
la loupe1.
LES
FEUILLETS
Chaque tome comporte la transcription de chacun des
feuillets des volumes de la Prévôté de Québec. Leur position réfère au feuillotage
des registres (ou volumes) originaux.
Par
exemple, 7 - fol. 42r :
| 7 | volume 7 |
| 8 | volume 8 |
| fol. 42 | numéro du feuillet |
| r | recto du feuillet 42 |
| v | verso du feuillet 42 |
| 6 juin 1674 | date du premier procès de la journée |
LA TRANSCRIPTION
Tous les procès-verbaux ont été
transcrits « in extenso », soit textuellement, mot à mot, ligne par ligne,
paragraphe par paragraphe
en respectant lécriture de lépoque, le
« français ancien ». Cela veut aussi dire le respect des abréviations, des
marges et des renvois, des ratures, de la position des signatures et paraphes, etc.
À la lecture de ces textes, le lecteur
constatera que la lettre « a » était remplacée par la lettre
« o » dans les verbes à limparfait : pouvoit, vouloit.
Et aussi dans certains noms : connoissance,
monnoye. Le « b » et le
« v » sont employés lun pour lautre ou sont réunis dans un même
mot : debvoir, Lefebvre. La lettre « r » se confond avec
la lettre « v » : rendre, vendre. Le « t » est supprimé dans
les mots se terminant par ent ou ant : parens, enfans, cens, arpens. Le
« i » final était remplacé par « y » : pourquoy, luy,
roy. On signale aussi des lettres
parasites : faulte, aage, receu,
escrire, recepvoir, besongne, contract, datte,
bled.
On dénote beaucoup dabréviations dans les archives judiciaires. En loccurrence, il y a suppression dune ou plusieurs lettres :
Il en est de
même dans la terminaison des mots; ainsi usion
est remplacé par uon, ation est remplacé par aon :
Labréviation se rencontre aussi
dans la suspension de lettre(s) :
| allene ou allencone | à lencontre | appdra | appartiendra |
| aue | autre | auql | auquel |
| coe | comme | commre | commissaire |
| compart | comparant | coner | conseiller |
| conl | conseil | consentemt | consentement |
| conseqce | conséquence | d. ou dt | défaillant |
| dr ou demandr | demandeur | dsse ou demandsse | demanderesse |
| daure | dautre | dernr | dernier |
| deSfr ou deSfendr | défendeur | deSfsse ou deSfendsse | défenderesse |
| executre | exécutoire |
fre | faire |
| ft | fait | fee | femme |
| habt | habitant | hee | heure |
| hoe | homme | huissr | huissier |
| jor | jour | jouissce | jouissance |
| jugemt | jugement | laqlle | laquelle |
| laudce | laudience | ledt | ledit |
| leql | lequel | lieutent | lieutenant |
| me | maître | md et mand | marchand |
| nore | notaire | nre | notre |
| ordonnce | ordonnance | pr | procureur |
| pt | présent | pardt | par-devant |
| persoe | personne | por | pour |
| ql | quil | qlle | quelle |
| reconnoissce | reconnaissance | reqte | requête |
| requisitre | réquisitoire | sr | sieur |
| st | saint | seignrie | seigneurie |
| soe | somme | suivt | suivant |
| supant | suppliant | tesmn | témoin |
| tourns | tournois | vee | veuve |
| etc. |
Et
que dire de la mention de la date! Plusieurs font lerreur de déchiffrer le XVIe
siècle par « gbi »; il sagit plutôt de « xvi » pour le
chiffre 16, à qui on ajoute en exposant (ou suspension) la lettre « c » pour la centaine. Ainsi,
« xvic soixte trois » se transcrit par « 1600 + 60
+ 3 », donc 1663.
Marcel Lafortune explique lemploi
des abréviations en ces termes : « Ce
sont les mêmes abréviations qui reviennent et lon ne saurait suggérer
dautre méthode pour les résoudre que celle de les remémorer. Dans les autres cas,
il existe aucun palliatif ni solution à moyen terme et seule lobservation permettra
dobvier aux erreurs de lecture et dinterprétation »2.
PARTICULARITÉS
Tous les noms de familles (ou
patronymes) sont transcrits en MAJUSCULES, alors que les noms des navires sont transcrits
en MAJUSCULES et en italique. Litalique
est aussi utilisé pour les signatures.
La [braquette] est utilisée pour ces
quelques cas :
-
pour mentionner un espace blanc : [un blanc];
-
pour un mot ou lettre(s) ajoutés par lauteur avec son interprétation
personnelle;
-
pour indiquer une page déchirée : [page déchirée];
-
pour indiquer un texte effacé : [effacé];
-
pour indiquer un texte masqué par la restauration (ruban gommé) : [masqué];
-
pour indiquer un texte difficile à lire : [
].
Les signes /, //,
/// et + sont utilisés pour identifier les marges et les renvois. Les
termes rayés, biffés ou raturés sont uniformisés par le caractère rayé.
LINDEX ONOMASTIQUE
Un index onomastique figure à la fin,
où sont inscrits les patronymes, les odonymes et les noms de navires dans la forme
actuelle. Cet index a été confectionné quà titre indicatif, avec interprétation
personnelle de lauteur, car quelques recoupements ont été faits afin de faciliter
la recherche. Cependant, les prénoms et patronymes similaires ont été regroupés : par
exemple, Pierre Boucher dit Pitoche et Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières, sont
indexés à « Boucher, Pierre ». Il en est de même pour le soldat Jean
Langlois dit Jolicoeur et le notaire rochelais Jean Langlois, qui sont indexés à
« Langlois, Jean ». Entre 1100 et 1500 personnes sont recensées dans chaque
tome.
Un CD-ROM
daccompagnement est inclut avec la présente publication. Il comprend la
numérisation (formats .JPEG et .PDF) de tous les feuillets des volumes (pièces
originales) de la Prévôté de Québec, de même que le contenu des tomes (pages
préliminaires, transcription, index, etc.).
Notes
1.
J.-B. GAREAU, La prévôté de Québec
ses officiers ses registres, p. 60.
2.
Marcel LAFORTUNE, Initiation à la
paléographie franco-canadienne, Archiv-Histo, Montréal, tome 1, 1982, p. 12.