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L'APPRENTI DE NICOLAS GAUVREAU |
Le 12 mars 1675,
devant le notaire Romain BECQUET, Pierre TOUPIN met en apprentissage Mathurin
GRATTON, son pupille, auprès de Nicolas GAUVREAU. Une recherche dans la banque
de données notariales Parchemin nous permet d'en savoir davantage sur ce
contrat : « Apprentissage en qualité d'arquebusier et serrurier de Mathurin
GRATTON (17 ans), par Pierre TOUPPIN dit LAPIERRE, habitant, de la seigneurie de
Beauport, au nom et comme tuteur des enfants mineurs de Claude GRATTON, veuf de
Marguerite MOUSSION, à Nicolas GOUVEREAU, maître arquebusier, armurier et
serrurier, de la ville de Québec. »
Un an et demi plus tard, en novembre 1676, GAUVREAU se présente devant le
tribunal de la Prévôté de Québec et demande que TOUPIN ait à « exécuter
» le contrat passé devant BECQUET, et à lui payer les armes, hardes et autres
choses que Mathurin GRATTON lui a enlevées ! Au nom et comme tuteur de GRATTON,
Pierre TOUPIN défend à GAUVREAU de « rechercher » (lire : enquêter) son
apprenti et qu'il doit se référer à son serment.
GAUVREAU répond à TOUPIN qu'il n'enquête pas, mais demande dédommagement à
cause de la friponnerie de GRATTON, qui ne veut plus servir son maître.
D'autant qu'il a été trompé par lui à deux reprises !
Le juge Louis-Théandre CHARTIER condamne Pierre TOUPIN à « remettre »
l'apprenti GRATTON entre les mains de Nicolas GAUVREAU ou de lui payer les
dommages et intérêts demandés pour en convenir devant Jean SOULARD, maître
arquebusier, nommé d'office.
Rédaction : Guy
Perron, paléographe
Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 7 et 8 (registres
civils), 9 janvier 1674 au 20 décembre 1675, Longueuil, Les Éditions
historiques et généalogiques Pepin, tome IV, coll. Notre patrimoine national
no. 312, 2003.