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LES LABOURS DE PIERRE BOUCHER ET D'ANTOINE PEPIN |
Le 1er
juin 1676, le juge de Beaupré condamne Antoine PEPIN à payer la moitié d'un bœuf
à Pierre BOUCHER. Le 12 juin suivant, les deux hommes se présentent devant le
juge de la Prévôté de Québec, le premier en appel de la sentence du 1er
juin, le second en anticipation d'appel et pour l'exécution de cette sentence.
Rappelons les faits : Antoine PEPIN et Pierre BOUCHER s'associent pour leurs
labours de l'année 1675, chacun fournissant deux bœufs et en plus, pour PEPIN,
deux enfants pour les conduire. Le jeudi d'avant les fêtes de la Pentecôte,
les enfants de PEPIN ramènent les bœufs à BOUCHER qui, par la suite, les fait
labourer une terre difficile de sorte que l'un de ses bœufs est mort trois
jours après ce travail.
Devant le tribunal de la Prévôté, Pierre BOUCHER affirme avoir fait
travailler ses bœufs, le long d'un chemin, sur huit perches d'une terre qui n'a
pas été labourée depuis quatre ans... et que ce n'est pas de sa faute si un bœuf
est mort mais celle de PEPIN qui a « échauffé » ses bœufs au travail !
Répliquant aux dires de BOUCHER, PEPIN explique qu'il n'a fait faire aucun
travail pénible à ses bœufs et qu'il les a ménagés comme les siens, en bon
père de famille, s'en rapportant à ses voisins pour démontrer qu'il ne les a
pas mal nourris ni mal gouvernés. Mais Pierre BOUCHER rajoute que les bœufs de
PEPIN étaient si las et « recrus » de travail qu'il emprunta les bœufs de
BILODEAU pour les faire travailler avec les siens. Selon PEPIN, il est vrai
qu'il a emprunté les bœufs de BILODEAU pour achever de herser, mais à cause
de la pluie, il lui retourna ainsi que ceux de BOUCHER.
Du consentement des parties, le juge nomme Jacques PERROT dit VILLEDAIGRE,
Pierre LOIGNON, Jacques ASSELINE et Jacques BILODEAU pour arbitres afin de
visiter les terres de BOUCHER et de PEPIN et pour l'informer du traitement fait
aux bœufs.
Le rapport des arbitres est rédigé le 14 juin, puis présenté au juge le
lendemain pour en faire lecture aux parties. Ces dernières sont mises hors de
cour et Antoine PEPIN est déchargé de la condamnation portée par la sentence
du juge de Beaupré, du 1er
juin, et au paiement de la mort du bœuf de Pierre BOUCHER.
Rédaction : Guy
Perron, paléographe
Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 9 et 10 (registres
civils), 14 janvier 1676 au 14 décembre 1677, Longueuil, Les Éditions
historiques et généalogiques Pepin, tome V, coll. Notre patrimoine national
no. 315, 2004.